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Résilience climatique des ports : du diagnostic à l’action

8 octobre 2026

À l’occasion du Green Shipping Day 2026 à Nice le 23 septembre dernier, Green Marine Europe a consacré un workshop à un enjeu appelé à prendre une place croissante dans les stratégies portuaires : la résilience des ports et de leurs infrastructures face au changement climatique.

Ports, acteurs industriels, fournisseurs de solutions, experts et représentants institutionnels ont confronté leurs expériences autour d’une même question : comment passer de l’identification des vulnérabilités à des stratégies d’adaptation capables de répondre concrètement aux risques climatiques, tout en préservant la continuité des activités portuaires ?

Des approches déjà très concrètes dans les ports européens

Quatre retours d’expérience ont permis d’illustrer la diversité des leviers mobilisés.

Louise Souquet, de We Right Click, a présenté le projet européen SAFARI – Safe, ClimAte Resilient Infrastructure, qui développe notamment une plateforme numérique destinée à analyser les vulnérabilités et à améliorer la gestion des situations d’urgence. Testée dans plusieurs ports européens, elle s’appuie notamment sur des outils de type jumeau numérique pour anticiper les effets d’événements météorologiques extrêmes. Texte collé

Le Port de La Rochelle a, pour sa part, engagé depuis 2021 plusieurs études successives : analyse de son exposition et de la vulnérabilité de ses infrastructures avec le CEREMA, modélisation de scénarios de submersion marine, puis, depuis 2026, évaluation des impacts financiers associés aux risques physiques. Cette démarche est menée en lien avec la communauté portuaire et urbaine afin de partager les connaissances et de renforcer la sensibilisation des acteurs concernés. Texte collé

Au Port de Hambourg, les enjeux de résilience ont été abordés sous l’angle de la transformation énergétique, à travers le développement de l’alimentation électrique à quai et des travaux européens portant notamment sur les carburants à base d’hydrogène, le méthanol, l’ammoniac et l’électrification des chaînes logistiques. Texte collé

Enfin, le Port de Bilbao a présenté plusieurs projets associant transition énergétique et biodiversité : infrastructures d’alimentation électrique à quai, production éolienne et photovoltaïque, mais également dispositifs favorisant la création d’habitats marins – îles flottantes, bétons favorables à la biodiversité ou micro-récifs biomimétiques – conçus pour s’intégrer au fonctionnement opérationnel du port. Texte collé

Résilience environnementale et compétitivité : un équilibre à construire

Les échanges ont également mis en évidence une question centrale : jusqu’où les modèles économiques portuaires actuels permettent-ils d’absorber les transformations nécessaires à l’adaptation climatique ?

Les participants ont exprimé des positions contrastées. Certaines expériences montrent que des démarches de résilience peuvent déjà être engagées dans les cadres existants. D’autres soulignent au contraire la nécessité de transformations plus profondes des pratiques, des investissements et de l’organisation portuaire. Texte collé

Le lien entre performance environnementale, résilience et compétitivité a également nourri les discussions. Si les coûts d’adaptation restent un enjeu majeur, certaines mesures peuvent produire des bénéfices à la fois environnementaux et économiques, notamment lorsqu’elles améliorent l’efficacité des opérations ou réduisent certains coûts.

Données, coopération et préparation aux crises : trois priorités communes

La dernière partie du workshop a placé les participants en situation de gestion de crise autour de plusieurs risques : inondations, vagues de chaleur, élévation du niveau de la mer, tempêtes et érosion côtière.

Malgré la diversité de ces scénarios, trois priorités sont revenues systématiquement : renforcer la coopération entre ports, autorités publiques, acteurs locaux et monde de la recherche ; améliorer la collecte, le suivi et l’exploitation des données ; et développer des plans de gestion de crise accompagnés d’exercices réguliers et d’actions de sensibilisation des équipes.

Les réponses envisagées varient ensuite selon les risques : cartographie des vulnérabilités, amélioration des systèmes d’alerte, adaptation des infrastructures et des conditions de travail lors des épisodes de chaleur, dispositifs mobiles de protection contre les inondations, solutions fondées sur la nature ou encore accords entre ports pour assurer la continuité des opérations en situation de crise.

Un enseignement ressort ainsi des échanges : la résilience portuaire ne repose pas sur une solution unique. Elle suppose d’articuler connaissance des risques, investissements, préparation opérationnelle et coopération territoriale.

Face à des phénomènes climatiques appelés à affecter de manière croissante les infrastructures et les chaînes logistiques, l’enjeu n’est plus seulement d’anticiper les perturbations, mais de construire des ports capables de s’adapter, de maintenir leurs fonctions essentielles et d’intégrer cette capacité de résilience dans leur trajectoire environnementale de long terme.

 

Crédit photos : Sam Glazier